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vendredi 5 mai 2017

3e Festival Etoiles Passion - Rooftop Stars



Seul magazine consacré aux Mercedes anciennes ou récentes, Etoiles Passion a été lancé il y a bientôt dix ans. Racheté en 2014 par Cape Éditions (Ferdinand, Grand Prix, etc.), le titre peut s’enorgueillir d’avoir augmenté ses ventes de 6% l’an passé. La presse auto papier n’est donc pas (encore ?) totalement condamnée par la toile et certains blogs comme Boitier Rouge nous annoncent régulièrement vouloir lancer une version papier. Info ou intox ? Pour revenir à Etoiles Passion, Pascal Dro, son rédacteur en chef, organise depuis trois ans un grand rassemblement dédié aux Mercedes d’hier et d’avant-hier. Le 29 avril dernier, c’est sur le « rooftop » - on ne dit plus toit sinon ça fait pas chébran ! – du garage Mannes, à Ivry-sur-Seine (94), que le grand raout faisait sa pause déjeuner. YOUNGBENZ y était.

La suspension pneumatique de mon 500 SL « R230 » de 2001 me faisant des misères depuis une semaine, c’est avec la 230 SL « Pagode » 1965 d’une de mes connaissances, elle aussi piquousée à l’étoile, que nous attaquons les rampes du garage Mannes pour rejoindre le septième ciel. Après des boucles à n’en plus finir dignes de la montée du parking de Michael Caine dans Get Carter (1971), notre beau cabriolet vert sapin arrive enfin sur le rooftop. Il est 13 h et une vingtaine de Mercedes se dorent déjà la pilule. Le grand beau est au rendez-vous alors qu’il versait la veille et que le lendemain sera calamiteux. Les dieux Gottlieb et Karl veillent sur nous ! Le reste des 75 autos inscrites à cette édition 2017 va arriver au compte goute.

Prendre de la hauteur


Pascal Dro me prévient tout de suite : « tu verras, la côte de bœuf est extraordinaire ! ». Le barbecue qui nous attend ne fera pas mentir notre hôte du jour : le « rôtisseur » en chef n’est autre que Michel Beltoise, frère du regretté Jean-Pierre. Une machine à écrire… Mercedes d’avant-guerre trône sur le bar. Quel plaisir de déambuler devant les caisses rutilantes de ces jeunes et vieilles gloires, un verre de champagne (d’un domaine de derrière les fagots déniché par Pascal) à la main. Nous sommes à cinquante mètres au dessus du sol et la vue sur Paris est à tomber – attention quand même aux parapets, pas bien hauts… - et les deux énormes cheminées de l’usine d’incinération voisine parachèvent une ambiance des plus surréalistes. Nous ne serons nullement incommodés par l’odeur des impressionnantes fumeroles. Pour le bruit, la bande son est assurée par le feulement des Mercedes arrivant à bon port. Ici un six en ligne, là un V8, puis un roturier quatre pattes de 200 « W123 ». Un seul V12 est se sortie, animant une 600 SL coupé-cabriolet de 2002 qui remportera la catégorie Youngtimers au concours d'élégance. Grâce, entre autres, à ses jantes refaites entièrement à neuf par un spécialiste déniché au Portugal, patrie d’origine de son heureux propriétaire.

Festival d’anecdotes


Bon, on n’est quand même pas venu pour beurrer les sandwichs et profitons-en donc pour causer bagnole. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Ou presque, les frais d’inscription éloignant les propriétaires impécunieux et leurs Mercedes « État qu’on sort »… D’une banale Mercedes 200 carbu vert pastel de 1980 à une 600 AM67 bleue métal « cachée en Allemagne durant 40 ans » - dixit la fiche de présentation -, en passant par moult coupés et cabriolets du « miracle économique allemand » (merci le plan Marshall quand même !), l'aréopage impressionne. Nous engageons une conversation à bâtons rompus avec David, propriétaire d'un coupé 280 SLC gris.
« Je l'ai choisi pour ses 4 places et ses ceintures – pratique avec les enfants - et bien sûr pour son look (feux anti-salissure, etc.) et sa qualité exceptionnelle restée inégalée chez Mercedes. Ce modèle est quatre fois plus rare que le roadster « R107 », j'aime cette rareté. D'ailleurs, on me propose souvent de me le racheter dans la rue ! » (David, 280 SLC).


A g.: la Pagode verte de Gautier, à d. la 280 SLC de David.
Et que dire de l’alignement au cordeau des nombreuses « W124 » présentes, dépêchées par l’amicale éponyme (rarissime cabrio E36 AMG, 500 E, break 300 TD, seule mazoute de tout le rassemblement, etc.) ? Certains proprios affichent le pedigree de leur belle derrière le pare-brise. Aux dires de son maître, une des deux 500 E présentes, une silbergrau (gris métal), est la préférée des 86 autos qu’il a possédées. A égalité tout de même avec une autre « Stuttgartienne », j’ai nommé la Porsche 928 S4. Au début des années 90, les deux marteaux pilons teutons étaient vendus 550 000 francs. Cette somme rondelette s'explique en partie par les moult aller-retours entre les deux constructeurs basés aux extrémités de Stuttgart: la Benz était assemblée chez Porsche puis repartait chez Mercedes pour y être peinte avant de revenir chez Porsche pour le montage. Mercedes faisait l'inspection finale avant de la confier à son réseau pour la vente. Seulement 8 véhicules étaient ainsi fabriqués par jour. Non loin, une interminable limousine « W124 » 260 E six portes de 1988 toise son monde avec ses drapeaux tricolores. L'auto idéale pour chauffer quelque dignitaire africain en visite à la Chancellerie. Ou aussi Raymond Barre venu donner des gages au gros Helmut ? Souvenez-vous : il fallait compter sur le rival poids lourd de Chirac à la présidentielle de 1988. L’autocollant « Je vote Barre au 1er tour » fixé au bas du pare-brise de la limousine noire métal nous fait hurler de rire ! Car comme nous le confie Pascal Dro, « au Festival Étoiles Passion, on ne se la joue pas snob. Juste une rencontre entre passionnés avec des véhicules de belle tenue autour de découvertes de lieux méconnus de l’histoire automobile parisienne. »

Fans de sixties à nineties



Blue attitude pour le coupé W111 d'Hervé.
On ne peut que succomber à la vue de la croupe rebondie de ce resplendissant coupé 280 E bleu métal de 1967. Hervé, son propriétaire depuis 2006, bosse pour l’étoile depuis 29 ans. « Ça intoxique », nous dit-il, l’œil goguenard. Il poursuit:
« Idéal pour les balades en famille, ce coupé est selon moi le plus réussi des dessins de Paul Bracq [NdR: qui signe l'affiche du Festival ! ] et dispose d'une mécanique simple pour bricoler en toute autonomie. 350 heures ont déjà été consacrées à la réfection de la mécanique et de l'habitacle, à l'exception des cuirs, dont je souhaite conserver la patine d'origine... ». (Hervé, coupé W111).

Une fois la côte de bœuf savourée, nous poursuivons notre tour des propriétaires. Nous tombons sur un fringant et volubile quadra en costume et chapeau noir. Notre homme n'est autre que Damien, « gourou » du bien connu forum « Mercedes-Damien » et propriétaire d'un impressionnant coupé CL 55 AMG schwarzmetall à compresseur (367 chevaux), qu'il évalue à 28 000 euros. Ambiance Darth Vador garantie ! « Impensable aujourd'hui: les seuils et la tranche des portes sont en inox véritable et les fauteuils cuir à larges bandes sont spécifiques AMG. » se vante-t-il. Fin connaisseur du réseau Mercedes, notre passionné estime que « ce bloc 5,5 litres compressé est aux dires des chefs d’atelier plus fiable que le « 6,3 » 100% AMG, plus spécifique, qui l’a remplacé à partir de 2006. » Je m'imaginais grand spécialiste d’AMG devant l’éternel, je suis mouché !

Raymond Barre, Président !

Le périple a commencé par un petit déjeuner au vaisseau amiral de Mercedes en France, le bien nommé « Mercedes-Benz Center » de Rueil-Malmaison (92), où étaient exposées quelques-unes des vieilles gloires de la filiale française. Pas leurs anciens PDGs (!) mais une 560 SEL, une 300 SL papillon et une 600 (quasi) immaculées. Les équipages ont ensuite mis le cap sur Paris pour découvrir quelques lieux méconnus liés à l'automobile. Dont la découverte en plein XVIe d'une soufflerie fondée en 1909 par Gustave Eiffel et qui servira à de nombreux tests aérodynamiques pour, par exemple, la Renault Etoile Filante (qui battit en 1956 le record du monde de vitesse sur le lac salé de Bonneville dans l'Utah) ou l’Audi 100 au début des années 80. De quoi laisser d’impérissables souvenirs à nos grands gamins âges de 45 ans en moyenne. La découverte du Garage de l'Ile Saint-Louis (Groupe Mannes), un lieu très vintage redécoré par Bosch Classic, partenaire du Festival, n’en sera pas moins palpitante. Toutes les autos et leurs équipages y seront immortalisés pour une photo souvenir. Tout ce beau monde se retrouvera donc au fameux rooftop d’Ivry pour le déjeuner. A l'issue duquel les résultats des élections seront proclamés. Original: les participants, répartis par groupe (youngtimers, Classiques, etc.) jugeront les autos d'un autre groupe. Pas d' « ultra favorite » donc. Ce n'est pas la 260 E limo « Raymond Barre » qui sera élue mais la 600 SL bleu topaze de 2002 évoquée en début d'article, remportant la catégorie youngtimers. Et c'est un coupé Ponton bordeaux/crème qui empochera le Prix spécial du Jury.

Un grand merci à Pascal Dro pour la qualité et la densité de ce Festival. Si vous êtes fans de Mercedes et désirez coller vos amis à votre prochaine soirée bagnoles, abonnez vous illico, ça revient à 5 centimes par jour !



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